Somme toute, le véhicule a su se décliner en une très riche variété de versions, évolutions, options et coloris, ce qui fait que chacun d’entre eux semble posséder une originalité propre sans qu’aucun ne paraisse se ressembler.

Issue d’un projet ajourné, la Triumph Spitfire est présentée pour la première fois en 1962 au Salon de l’Automobile de Londres Earls Court. Déjà, les possibilités de personnalisation sont annoncées puisqu’il en est révélé deux exemplaires : l’une rouge à sellerie noire, et l’autre blanche à sellerie bleue, toutes deux équipées de pneus à flanc blanc. Le modèle est reçu avec enthousiasme et engouement. La production débute alors dès le printemps 1962. Elle ne s’achèvera qu’en 1980, après dix-huit années de frénésie et près de 300000 véhicules mis sur le marché. Comme pour ses rivales, l’Austin Healey et la MG Midget, la cessation est surtout due à la mise en place de nouvelles normes anti-pollution auxquelles ces roadsters sont incapables de se plier. Il n’empêche que, si la Spitfire n’est plus, elle connaît aujourd’hui une nouvelle vie sur le marché de l’occasion grâce à l’acharnement et à la passion des collectionneurs qui n’hésitent pas à écouler toute version de la Triumph qui circulerait en occasion pour perpétuer le mythe. Car c’est bien d’un mythe dont il s’agit ; d’ailleurs la Spitfire tire son nom du plus célèbre chasseur de l’armée britannique de l’époque : première dans sa catégorie au Mans en 1964, l’écurie vit une succession de compétitions (courses, endurances et rallyes) où elle se place régulièrement dans des positions de choix.

Cinq générations de légende pour la Spitfire Triumph

La première version sortie est la Triumph Spitfire 4, postérieurement baptisée MK1. Elle annonce la charte esthétique et technique qui caractérisera toutes les générations suivantes. Extérieurement, elle se présente comme un petit roadster typiquement britannique, sportif et élégant. Plusieurs éléments la caractérisent, tels que les épaisses baguettes chromées qui ornent le dessus des ailes avant et arrière, la nervure présente sur le centre du capot ou encore la grille de calandre en deux parties que l’on ne retrouvera en revanche pas dans les modèles suivants. Quant à son intérieur, il se veut sobre, arborant des couleurs sombres sur la plupart des éléments (tableau de bord, volant, tapis), sauf les sièges dont les couleurs sont personnalisables en même temps que le choix de la peinture de la carrosserie. Enfin, sous le capot, la Spitfire abrite un 1150 cm3 développant 63 chevaux à 5700 tours par minute, ce qui lui permet de monter jusqu’à 150 km/h, une vitesse plutôt performante qui s’explique par la faible masse de la voiture. D’autant que cette capacité ne compte pas sur les très nombreuses options «  »sport » » proposées, dont certaines, comme le kit Stage II, qui permettent une montée jusqu’à 170 km/h avec un passage du 0 au 100 en 11,2 secondes seulement, contre 15,5 pour la version standard !

La Spitfire 4 MK2 ou 3 d’occasion : à réserver aux amateurs des Sixties

La Spitfire 4 MK2 voit le jour en 1964. Se voulant être une version corrigée de son prédécesseur, elle vient apporter des petites retouches çà et là suite aux critiques diverses que la Mark 1 a pu essuyer, sans pour autant réformer ni l’apparence ni la mécanique d’ensemble du véhicule. Il faut attendre, pour cela, la sortie de la Spitfire MK3, en 1967, qui viendra apporter des véritables transformations justifiées par la demande américaine qui, à cette époque, représente les trois-quarts des parts du marché. D’abord, suite justement aux réglementations nouvelles en vigueur outre-Atlantique, l’extérieur connaît de grands changements : le pare-chocs se voit considérablement surélevé, et cache désormais la calandre du roadster. Les feux ne sont plus individuels mais combinés, et la capote est pré-installée pour un rangement facilité derrière les sièges. Son intérieur recevra un tableau de bord boisé qui vient contraster avec les éléments gris et noirs, tout en apportant une touche supplémentaire d’élégance typiquement britannique. Mais le design n’est pas le seul à être modifié : au niveau mécanique, la Spitfire est armée d’un moteur à la cylindrée de 1296 centimètres cube, pour développer une puissance de 75 chevaux capables de propulser l’automobile à 100 km/h en seulement 12,5 secondes.

De la Spitfire Mk3 à la Triumph 1500 : gloires et vicissitudes

Tout au long de sa production, la Mk3 va connaître des évolutions variables sur les marchés britannique et américain. Elle connaîtra d’ailleurs un redessinage en 1969, pour une adaptation plus spécifique à la demande anglaise, jusqu’à ce que son héritière, la Mk4, soit commercialisée en 1970. C’est le début de l’ère des modèles de maturité. La ligne de la Triumph Spitfire Mk4 est actualisée : pare-chocs affinés, nervure centrale au capot supprimée… Le véhicule reçoit désormais un arrière à pan coupé et de nouveaux feux. La motorisation va, quant à elle, connaître le même sort que celle des roadsters contemporains, en souffrant des nouvelles normes anti-pollution : l’automobile ne dispose plus que d’une puissance de 63 chevaux (et même 48 dans sa version de 1972). Le modèle qui connaîtra la clôture de l’épopée Spitfire sera la Triumph 1500, lancée en 1974 et poursuivie jusqu’en 1980, quatre années avant la fin définitive de la marque. Plus adaptée à la compétition, elle est dotée d’une puissance de 71 chevaux pour monter jusqu’à 161 km/h. Les chromes sont encore réduits pour offrir un modèle de Spitfire beaucoup plus sobre, lisse et plus en cohérence avec l’esthétique sportive de la fin des années 1970. Véritable modèle historique, la Triumph 1500 reste une valeur sûre sur le marché de l’occasion.

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